· brume ·
Illustration by @rion.illustration
Imprévisible, cette tornade brutale m’a aspirée en quelques secondes
Moi qui docile, patientait tranquillement dans l’ombre
Je n’ai pas pu résister à ton sourire, ensorcelant et langoureux
Nous étions jeunes nous étions fous, la nuit a eu raison de nous deux
Sous la profondeur des basses, lorsque la substance nous guidait
Notre euphorie décuplée, esquissait des promesses de bonheur
Mais la brume du petit matin s’est empressée de chasser l’espoir de mon cœur
Je n’ai pas le droit de t’aimer, je n’ai pas respecté les codes
Tu aurais voulu rester mais loin de moi tu te déportes
J’aimerai tant savoir de quoi l’avenir sera fait, savoir si tes bras m’entoureront à nouveau
Les mois d’attentes qui me surplombent me semblent impénétrables
Si hauts à atteindre, si lointains à traverser
Un seul être vous manque et tout est dépeuplé*
Je peuplerai mon royaume juste avec ton sourire et ton regard à mes côtés
Il se fait tard et ton départ approche tandis que mon cœur lui semble se décrocher
Doucement, il se noie dans cette brume qui ne cesse de m’asphyxier
Alors,
J’ai laissé mon cœur partir à la dérive, espérant secrètement qu’il s’enfouisse dans le sable
Que les flots le submergent, qu’en apnée il survive
Au moins jusqu’à ton retour car le temps sans toi est d’une lenteur insupportable
Mais les vagues caressent inlassablement la rive tandis que la douleur, elle, ne s’en va pas
Accrochée elle subsiste et résiste aux courants les plus insistants
J’ai laissé mon cœur fuir, priant pour qu’il se perde et que je ne le retrouve pas
Car l’intensité de mes sentiments ne s’estompe pas au gré des jours qui passent
Et je rêve de me noyer dans ton regard, plonger dans tes bras pour une danse infinie
Dans l’attente je m’accroche à la beauté de nos souvenirs, arrachés à nos quotidiens qui nous entravent
J’ai laissé mon cœur s’assoupir après avoir trop pleuré pour un amour qu’il ne peut ni offrir ni recevoir
Et dans l’immensité de cet océan qui nous sépare, je laisse mon âme voguer en attendant de te revoir
*Larmartine
Text by @lea_doom